[EXPERTISE] Design thinking pour entrepreneurs : tester son idée en 5 étapes 

Date of the article:
Reading time: 7 min
Entrepreneur Brainstorming Workshop

Karima voulait lancer un service de réparation de vélos à domicile pour les particuliers. Avant d’acheter et d’aménager un utilitaire, elle a interrogé une quinzaine de clients potentiels. Les particuliers trouvaient l’idée sympathique, mais peu étaient prêts à payer le déplacement. En revanche, les entreprises qui équipent leurs salariés de vélos de fonction cherchaient quelqu’un pour entretenir leur flotte sur place. Karima a démarré avec trois contrats d’entretien mensuels, signés avant même d’avoir investi

Avoir une bonne idée ne suffit pas pour réussir un projet entrepreneurial. Une offre peut être innovante et bien conçue, mais rencontrer peu d’intérêt si elle ne répond pas à un besoin réel. 

Le design thinking aide à éviter cette erreur. Le principe : comprendre vos futurs clients avant de construire votre offre, puis la tester à petite échelle avant d’investir.

Chez Entrepreneurs dans la Ville, c’est l’une des méthodes que nous utilisons pour aider les porteurs de projet à confronter leurs intuitions au terrain. Dès les premières semaines du Starter, chaque entrepreneur mène au moins 10 entretiens clients/utilisateurs

Qu’est ce que le design thinking ?

Le design thinking est une méthode de résolution de problèmes centrée sur l’utilisateur. Le modèle couramment enseigné par la Stanford d.school repose sur cinq grandes étapes : comprendre les utilisateurs, définir le problème, imaginer des solutions, créer un prototype et le tester.

Ces étapes ne se suivent pas en ligne droite. Un test raté vous renverra souvent à l’étape 2 : le problème n’était pas celui que vous pensiez. C’est normal, et c’est même l’intérêt de la méthode : se tromper tôt, quand cela coûte peu. La méthode n’est pas réservée aux start-up. Elle fonctionne aussi bien pour un salon de coiffure, une entreprise de nettoyage ou une auto-école

Étape 1 : Comprendre ses futurs clients

L’objectif est de découvrir comment votre cible vit le problème aujourd’hui : ce qu’elle fait, ce que cela lui coûte, ce qu’elle a déjà essayé.

Combien de personnes ? Visez 8 à 10 entretiens par type de client. Au-delà, les réponses commencent généralement à se répéter.

Qui interroger ? Des inconnus qui correspondent à votre cible. Pas votre famille ni vos amis : ils veulent vous encourager, pas vous informer.

Où les trouver ? Là où votre cible se trouve déjà : devant l’école, sur un marché, dans un groupe Facebook de quartier, à la sortie d’un salon professionnel.

Quelles questions poser ? Des questions sur ce qui s’est réellement passé, pas sur ce que la personne ferait :

  • Qu’avez-vous déjà essayé ? Pourquoi avez-vous arrêté ?
  • Quand avez-vous rencontré ce problème pour la dernière fois ?
  • Comment l’avez-vous résolu ?
  • Combien cela vous a-t-il coûté, en temps ou en argent ?

Le conseil de nos experts

Ne présentez pas votre idée pendant l’entretien. Dès que vous la décrivez, les gens cherchent à vous faire plaisir.

Étape 2 : Définir précisemment le problème

Relisez vos notes d’entretien et repérez les difficultés qui reviennent le plus souvent. Vous devez pouvoir répondre clairement à 5 questions :

  • Qui rencontre le problème ?
  • Dans quelle situation ?
  • Qu’est-ce que cela lui coûte ?
  • Comment s’en sort-il aujourd’hui ?
  • Pourquoi les solutions actuelles ne suffisent elles pas ?

Résumez ensuite votre problème en une phrase, sur ce modèle :

Comment aider [qui] à [atteindre quel objectif] malgré [quelle contrainte] ?

Exemple : Comment aider les parents qui travaillent en horaires décalés à faire garder leurs enfants le soir, malgré un budget limité ?

Attention à ne pas confondre besoin et solution. « Ouvrir une crèche » n’est pas un besoin. C’est une réponse possible, parmi d’autres

Étape 3 : Imaginer plusieurs solutions

Ne retenez pas automatiquement votre idée de départ. Pour le problème ci-dessus, on peut imaginer une micro-crèche, un réseau de baby-sitters de quartier, une garde partagée entre familles ou un service de récupération à l’école.

Pour en trouver d’autres, posez-vous ces questions :

  • Quelle serait la solution la plus simple ?
  • Laquelle demanderait le moins d’effort au client ?
  • Laquelle pourrais-je tester dès le mois prochain, avec moins de 500 € ?

Pour choisir, gardez les solutions qui répondent à un problème important pour vos clients et que vous êtes capable de mettre en œuvre. La question de la rentabilité viendra juste après (voir la dernière partie).

Étape 4 : Créer un prototype

Un prototype est une version simplifiée de votre offre, assez concrète pour qu’un client puisse réagir. Il n’a pas besoin d’être beau : il doit vous apprendre quelque chose, vite et pour pas cher.

Quelques exemples selon le type d’activité :

  • Restauration, traiteur : Une dégustation ou un menu vendu sur commande à 10 clients.
  • Service à la personne : Une prestation teste vendue à 3 ou 5 premiers clients.
  • Commerce ou e-commerce : Une publication Instagram avec photo, prix et lien de la précommande.
  • Service aux entreprises : Une offre d’une page envoyée à 20 entreprises ciblées.
  • Application ou plateforme : Une maquette cliquable, ou le service rendu à la main avant d’être automatisé.

Le conseil de nos experts

Avant de le créer, écrivez ce que vous voulez vérifier. Par exemple : La promesse est-elle comprise ? Le prix est-il accepté ? Quel bénéfice le client retient-il ?

Étape 5 : Tester et améliorer la solution

Fixez votre critère de réussite avant le test. Par exemple : « Sur 20 personnes contactées, au moins 5 réservent une prestation. » Sans seuil fixé à l’avance, on interprète toujours les résultats en sa faveur.

Demandez un engagement, pas un avis. « C’est génial » ne vaut rien. Ce qui compte, c’est ce que la personne est prête à donner : un acompte, une précommande, une inscription sur liste d’attente, un devis signé, un rendez-vous.

Après le test, classez ce que vous avez appris :

  • Ce qui est confirmé.
  • Ce qui est remis en question.
  • Ce qui reste incertain et doit être testé à nouveau.

Puis décidez : continuer, ajuster l’offre ou revenir à l’étape 2. L’objectif n’est pas de prouver que votre idée est bonne, mais de prendre la bonne décision avant d’investir.

Le design thinking suffit-il pour valider son projet ?

Non. Il vous dit si votre solution répond à un vrai besoin. Il ne vous dit pas si votre entreprise sera rentable.

Une fois votre offre testée, il reste à vérifier :

  • Le marché : combien de clients potentiels, et qui sont vos concurrents ?
  • Le prix : couvre-t-il vos coûts et vous permet-il de vous rémunérer ?
  • L’acquisition : comment trouverez-vous vos 50 premiers clients, et combien cela coûtera-t-il ?

Un client satisfait ne fait pas un modèle économique. Les deux validations sont nécessaires, et elles ne répondent pas à la même question.

Faites challenger votre idée par nos experts

Vous avez une idée d’entreprise et vous voulez la confronter au terrain avant d’investir ? Le programme STARTER d’Entrepreneurs dans la Ville vous accompagne pour interroger vos futurs clients, tester votre offre et construire un modèle économique solide.

Our News

Find all the latest news from theorganization.

View all news